Quelques pistes de travail en production d’écrits poétiques sont proposées cette année à toutes les classes des écoles maternelles et élémentaires et aux classes de 6e des collèges.
MODALITÉS
Les participants choisissent un ou plusieurs sujets, chacun étant adaptable à tous les niveaux de classe, et s’inscrivent en signalant leur participation à l’équipe de circonscription.
Mise en route des chantiers poèmes et autres fabriques ou ateliers d’écriture dans les classes.
Les productions finales sont calligraphiées, saisies sur ordinateur, et selon les cas, mises en ligne sur les sites des écoles et des collèges, imprimées dans les journaux d’écoles, enregistrées sur un Cdrom, illustrées et affichées sur des panneaux (à l’école, au collège, à la bibliothèque…), voire compilées en recueil. Elles peuvent également donner lieu à des enregistrements oraux et des performances publiques.
Dans tous les cas, variables selon les écoles et les REP, la communication est obligatoire et il importe qu’un « temps fort » soit organisé où tous les modes variés de finalisation, de socialisation et de valorisation des travaux des élèves sont l’occasion de rencontres entre classes et entre élèves et adultes.
À cette fin, la période du Printemps des Poètes (du 8 au 21 mars) est un délai raisonnable et particulièrement approprié.
ENJEUX
Pour chaque classe ce projet peut être considéré comme une phase d’expérimentation à l’écriture poétique. Elle est d’autant plus efficace qu’elle est précédée :
1. d’une phase d’immersion où l’enseignant lit et fait lire des poèmes et encourage à partir de ces lectures les échanges oraux et la constitution d’anthologies individuelles et collectives. Les élèves étant sensibilisés à ce stade aux effets (images, musique, expressivité, rythme, émotions, évocations, imaginaire…) plutôt qu’aux moyens. Toutes les classes sont à priori concernées par cette phase ne serait-ce qu’à minima avec la mémorisation et la diction de poèmes et de comptines (la récitation).
2. d’une phase d’exploration où les élèves questionnent et comparent des poèmes, observent des structures variées, s’approprient des outils, des techniques, des contraintes, et découvrent une utilisation de la langue basée sur des propriétés souvent inaperçues des mots et des phrases.
Dans la mesure où la langue, forme et sens, sens et sensible, est ici à la fois un objet et un matériau qu’il s’agit de s’approprier en vue de produire une parole et un objet à caractère artistique –le poème–, l’expérimentation poétique est un moment privilégié d’observation de la langue (orale et graphique) et l’occasion de réinvestir et de consolider des connaissances (orthographiques, grammaticales et lexicales) tout en explorant de nouveaux rapports entre le langage et le monde.
La valorisation des écrits, leur diffusion publique, les échanges entre classes et le plaisir d’écrire des poèmes contribuent seuls à la motivation des élèves. À l’instar des rencontres danses ou des défis mathématiques il ne s’agit en aucun cas d’un concours avec récompenses et classement.

PROPOSITIONS DE TRAVAIL
1. UNIONS LIBRES : « COUPURES », RENCONTRES, HASARD.
Dada manifeste sur l’amour faible
et l’amour amer (extraits)
[...]
Pour faire un poème dadaïste
Prenez un journal.
Prenez des ciseaux.
Choisissez dans ce journal un article ayant la
longueur que vous comptez donner à votre poème.
Découpez l’article.
Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui
forment cet article et mettez-les dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre.
Copiez consciencieusement
dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’une
sensibilité charmante, encore qu’incomprise du
vulgaire.
[…]
Tristan Tzara, Les Sept manifestes Dada (1924), dans Data est tatou. Tout est dada, GF-Flammarion, 1999.
| Variante possible si l’on tient à obtenir des phrases : croiser la suggestion du poème ci-dessus avec le jeu du « cadavre exquis ». Il suffit pour cela de faire plusieurs « sacs » selon la catégorie grammaticale des mots pour pouvoir ensuite « remplir » au hasard de la pioche une structure de phrase de votre choix. On peut commencer avec une phrase simple du type sujet + verbe + complément, « dépliée » par exemple en déterminant + nom + adjectif + verbe + déterminant + nom + adjectif, comme celle qui avait donné le résultat « Le cadavre exquis boira le vin nouveau. »… et le nom du jeu. |
2. LES MOTS QUI EN CACHENT D’AUTRES (être ange, c’est étrange…)
Dans mensonge
Il y a songe
Alors il faut m’excuser
De ne pas dire
Toute
La vérité
Alain Serres, N’écoute pas celui qui répète, Cheyne, 2001.
| Composer des petits poèmes, ou un grand, à l’aide de mots qui en cachent d’autres, sans nécessairement reprendre la même structure logique que ci-dessus. |
3. « PRENEZ UN MOT PRENEZ EN DEUX », « PRENDS CES MOTS DANS TES MAINS… », « BIEN PLACES, BIEN CHOISIS » ETC
A : CABOSSER- HIPPOCAMPE - INSOLITE - LUNE - MOUCHE - SYCOMORE
B : HYDROPHILE - RÉVERBÈRE - SAUTERELLE - SPHÈRE - TINTINNABULER - ZOOLOGIQUE
| Écrire un poème à partir d’un ou plusieurs mots choisis dans une des deux listes ci-dessus. Tout est possible à partir de la forme des mots et de ce qu’ils évoquent : acrostiches, calligrammes, poèmes courts ou longs, vers courts ou longs, avec ou sans rimes, fables, comptines, haïkus…associations d’idées… |
4. DES TITRES
Ce qu’il faudrait
Cette nuit là
Les rues d’Épinay
Plein…
Fenêtre ouverte
| Choisir un des cinq titres ci-dessus et écrire un poème. |



